Anne-Lise Guigues

Anne-Lise Guigues

Boursière

Vita

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Lyon II, Anne-Lise Guigues prépare depuis septembre 2020 une thèse de doctorat sous la direction de M. François Bridey et M. Vincent Michel, sur les collectionneurs et l’histoire des collections d’antiquités orientales au XXèmesiècle. Parallèlement, elle assure en 2021 des cours de travaux dirigés devant les œuvres en archéologie orientale à l’École du Louvre. Ayant déjà effectué des recherches dans le cadre de son master en 2019/2020, sur les marchands et les collectionneurs de bronzes du Luristan et s’intéressant aux problématiques de recherches de provenance et de circulation des antiquités, elle travaille actuellement sur l’identification des réseaux de marchands et de collectionneurs d’antiquités orientales durant la période de l’Occupation et sur la compréhension de la place de ces antiquités au sein du marché de l’art parisien. 

Axes de recherche

« La circulation des antiquités orientales sous l’Occupation allemande à Paris : de l’approvisionnement des marchands aux spoliations, mise en lumière des spécificités des réseaux et du rôle des acteurs de ce marché de l’art »

 

Au début du XXème siècle, le marché des antiquités orientales se développe, favorisant l’implantation de marchands au cœur de la capitale française. Malgré l’accroissement des missions archéologiques contribuant à l’émergence d’un goût pour les antiquités orientales, ces activités commerciales, en pleine expansion à la fin des années 1930, sont fortement impactées par la période de l’Occupation, qui marque alors un changement certain dans l’organisation du marché de ces antiquités. En effet, nombre de marchands, organisés en réseaux familiaux, tels les frères Khalil et Ayoub Rabenou, Raphaël et Maurice Stora, ou bien les frères Kevorkian, Indjoudjian et Kalebdjian, fournissent les collectionneurs européens dès les années 1930. Cependant, les bouleversements liés à la Seconde Guerre mondiale, contraignent certains acteurs de ce marché de l’art à émigrer, tandis que d’autres se tournent vers le marché de l’art allemand. Ainsi, après 1945, le nombre de marchands diffusant des antiquités orientales, installés à Paris tend à diminuer et les ventes publiques augmentent notamment à l’Hôtel Drouot. Ce tournant que marquent la Seconde Guerre mondiale et la période de l’Occupation, pour le marché des antiquités orientales, invite à s’interroger sur les réseaux de marchands qui ont permis la circulation de ces antiquités entre le Proche-Orient et Paris et sur le rôle des différents protagonistes, commissaires-priseurs et experts comme Charles Ratton, Etienne Ader et René Boisgirard, ou bien collectionneurs allemands tels le Baron Edouard von der Heydt et Walter Bornheim, ou de confession juive comme David David-Weill et Ebrahim Khalil Rokhsar. Cette étude, outre l’importance donnée à l’identification des acteurs et à la compréhension des dynamiques des échanges autour de ces objets archéologiques, porte également sur le trafic et les confiscations des antiquités orientales, afin de s’interroger sur la valeur émotionnelle et mémorielle qu’elles peuvent revêtir.

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